Voici l'article du journal qui est parus le 13 octobre 2011
Ninja : " Un art de vivre " à la James Bond utile aussi dans la vie quotidienne.
jeudi 13.10.2011, 05:26 - La Voix du Nord.
Amortir une chute à vélo, éviter une voiture qui surgit, se protéger d'un agresseur, voilà quelques-unes des situations qu'un Ninja doit pouvoir assumer. Entre art martial et art guerrier, le Ninjutsu est pratiqué au Bujikan Koryu Dojo de Tourcoing par une trentaine d'hommes et de femmes qui apprennent à maîtriser leur corps et leur esprit.
PAR BARBARA FIRCOWICZ tourcoing@lavoixdunord.fr PHOTO " LA VOIX "
Les pratiquants du Ninjutsu s'appellent des Ninjas. Mais le président du club de Tourcoing, Georget Medo, n'aime pas employer ce terme " trop connoté négativement ". Car la discipline enseignée par Frédéric Verstraete et ses adjoints Arnaud Parent et Stéphane Maillard est éloignée des clichés cinématographiques. " L'image du Ninja tueur et assassin n'a rien à voir avec ce qu'on fait ", dit-il. " C'est plus proche d'un James Bond des temps modernes ", ajoute M. Verstraete. En fait, ce sont davantage la philosophie et les finalités que les techniques qui différencient la réalité du grand écran.
Car dans la salle de sports de combats de la rue de l'Europe, les Ninjas se frottent à un art tout autant martial que guerrier. Celui de l'école Bujinkan, créée par le Japonnais Hatsumi Sensei qui a rassemblé au sein du Ninjutsu neuf arts martiaux. Les pratiquants apprennent à se battre à mains nues, avec des armes (sabres, bâtons, cordes ainsi que les fameuses étoiles) ou contre des armes. " Il y a des techniques d'attaque et de répression mais elles doivent toujours être adaptées à la situation ", explique Georget Medo.
À la différence des films, les Ninjas de Tourcoing développent l'art de l'esquive, de la dissimulation, de l'invisibilité, du déplacement pour mieux éviter l'affrontement et non pour attaquer. " La premiére option c'est toujours la parade ", précise Frédéric Verstraete. Une fuite réussie requiert acrobaties, escalades, camouflage... Le tout, plus vite que l'éclair. " Le premier ennemi du Ninja c'est le temps, assure Arnaud Parent. Chaque prise doit être très rapide, moins de 10 secondes. " Pour y parvenir, il est indispensable " d'être serein, bien dans sa tête et son corps ", selon Georget Medo. À la diversité des techniques s'ajoute donc une indispensable maîtrise de l'esprit qui s'acquiert avec les années. " Cela devient un art de vivre ", indique Arnaud Parent qui s'entraîne depuis 2004, date de la création du club de Tourcoing. Les plus aguerris se révèlent capables d'affronter des situations dangereuses (un accident, une chute, etc.), pour eux comme pour les autres, tout autant que des agressions.
Autre particularité de cette discipline : il n'y a pas de compétitions. Une singularité qui tient peut-être à sa confidentialité. En France, il n'y a que treize clubs affiliés à l'école Bujinkan. La seule fédération à laquelle peut être affilié le club de Tourcoing est celle du Japon. Certains comme Nadia Khabou s'initient au Ninjutsu par simple goût " pour les arts martiaux et l'autodéfense ". Pour elle, " ce sport permet de travailler la confiance en soi ". À l'issue de son cours d'essai, Sébastian Ponchaut, lui, apprécie la multiplicité des techniques. Mais avant que ça ne devienne des réflexes pour, par exemple, sortir indemne d'une collision avec une voiture comme l'a vécu Frédéric Verstraete, il va falloir quelques années de pratique.
Informations : Tél : 03 62 52 41 37. www.bujinkankoryu.com Deux essais gratuits. Dès 13 ans. Cours les mercredis et vendredis de 18 h à 20 h et les samedis de 10 h à 12 h.